Le ton est brutal, la riposte sans concession. Le gouvernement du Burkina Faso a catégoriquement rejeté un rapport explosif de Human Rights Watch accusant les forces burkinabè d’être responsables de la majorité des morts civiles dans la lutte contre le terrorisme depuis 2023.

Selon cette enquête de près de 300 pages intitulée « Personne ne pourra s’échapper » relayée par RFI, environ 1 800 civils ont été tués en deux ans, dont plus de 65 % attribués à l’armée et à ses supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Un chiffre qui, s’il est avéré, renverse le récit officiel de la guerre contre les groupes jihadistes.

Mais à Ouagadougou, la réaction est immédiate et virulente. Le gouvernement dénonce un « faux rapport », un « tissu d’allégations infondées » et accuse l’ONG d’être « déconnectée des réalités ». Le porte-parole Pingdwendé Gilbert Ouédraogo va encore plus loin d’après les précisions du média français, qualifiant le document de « torchon » et évoquant une tentative délibérée de « fragiliser les efforts du peuple burkinabè ».

Dans une escalade verbale rare, les autorités accusent même l’ONG d’être liée à des « forces néocoloniales et impérialistes » et d’agir, directement ou indirectement, en faveur du terrorisme dans la région du Sahel. Une ligne de défense qui s’inscrit dans un discours souverainiste de plus en plus assumé par le pouvoir burkinabè.

Face aux accusations, le gouvernement maintient que ses forces « se battent avec professionnalisme » et dans le respect de la vie humaine, rejetant en bloc les conclusions de l’enquête sans toutefois détailler les éléments contestés. De son côté, Human Rights Watch affirme s’appuyer sur plus de 450 témoignages recueillis dans plusieurs pays de la région, dont le Burkina Faso, le Bénin, le Ghana ou encore le Mali.

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La Rédaction

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