L’intelligence artificielle pourrait offrir aux pays en développement une occasion historique de rattrapage. Dans son Rapport sur le développement dans le monde 2026, la Banque mondiale appelle toutefois à éviter une nouvelle fracture technologique en misant d’abord sur l’électricité, Internet, l’éducation et l’adaptation des outils aux réalités locales.

Après la vapeur, l’électricité et Internet, l’intelligence artificielle apparaît comme une nouvelle technologie de rupture. Mais contrairement aux précédentes révolutions, sa diffusion est fulgurante. Selon la Banque mondiale, il a fallu environ 80 ans à la machine à vapeur, 40 ans à l’électricité et 20 ans à Internet pour atteindre les pays à faible revenu. ChatGPT, lui, a franchi cette distance en seulement quelques mois.

Pour les économies en développement, cette vitesse constitue une opportunité, mais aussi un avertissement. L’IA pourrait réduire certaines inégalités ou, au contraire, créer une nouvelle fracture numérique.

Adopter, adapter, progresser

Le rapport propose une stratégie en trois étapes à savoir  adopter, adapter et progresser. L’objectif n’est pas d’encourager les pays pauvres à rivaliser avec les géants technologiques dans la construction de modèles d’IA extrêmement coûteux. La priorité doit plutôt être donnée à l’utilisation des outils existants, puis à leur adaptation aux langues, données, institutions et besoins locaux.

La Banque mondiale insiste également sur l’importance des infrastructures. Sans électricité fiable, connexion Internet, compétences numériques et systèmes éducatifs solides, les bénéfices de l’IA resteront largement théoriques.

Miser sur une « petite IA » utile

L’un des enseignements majeurs du rapport est que l’innovation la plus pertinente n’est pas forcément la plus spectaculaire. Des solutions fonctionnant avec des SMS, des appels vocaux, des téléphones basiques ou hors ligne peuvent déjà permettre d’améliorer l’accès à l’éducation, à la santé ou aux services agricoles. Cette « IA à petite échelle » peut ainsi rendre accessibles à des millions de personnes des expertises jusque-là rares ou coûteuses.

La Banque mondiale cite notamment des expériences menées dans plusieurs pays africains et en Inde dans les domaines du tutorat scolaire, du diagnostic agricole et du dépistage médical.

Pour la Banque mondiale, les pays en développement doivent éviter de devenir de simples consommateurs de technologies conçues ailleurs. Ils doivent progressivement développer leurs compétences, leurs données locales et leur capacité à adapter les outils aux réalités nationales.

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La Rédaction

By Jupiter

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