La trajectoire des finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) devrait connaître une évolution contrastée entre 2025 et 2027. Selon les projections publiées par la BCEAO dans son rapport de politique monétaire de septembre 2026, le ratio d’endettement devrait se stabiliser en 2026 avant de reculer en 2027, tandis que le déficit budgétaire connaîtrait une hausse temporaire avant amélioration.
La dette publique demeure un point de vigilance majeur dans l’espace UEMOA. D’après les données de la BCEAO relayées par La Nation, le ratio d’endettement public devrait s’établir à 63,6 % du PIB en 2026, contre 63,3 % en 2025. Cette légère progression traduit une quasi-stagnation du niveau d’endettement à court terme.
À plus long terme, la tendance apparaît plus favorable, avec un recul attendu à 60,8 % du PIB en 2027. Cette évolution suggère une amélioration progressive de la soutenabilité de la dette au sein de l’Union.
Un déficit budgétaire sous pression en 2026
Contrairement à la dette, le déficit budgétaire devrait se dégrader en 2026. La BCEAO prévoit un déficit global de 3,5 % du PIB, contre 3,2 % un an plus tôt, avant un repli à 3,1 % en 2027.
Cette évolution reflète notamment des mesures temporaires prises par plusieurs États membres pour atténuer les effets socio-économiques de chocs extérieurs, en particulier ceux liés à la crise au Moyen-Orient.
Un équilibre délicat pour les politiques économiques
Cette situation met notamment en lumière les arbitrages auxquels font face les gouvernements de l’Union. Ils doivent soutenir les ménages et l’activité économique dans un contexte international incertain, tout en préservant la stabilité des finances publiques.
La BCEAO rappelle que l’analyse de la dette ne peut être dissociée des dynamiques de croissance, des recettes fiscales, des dépenses publiques et des conditions de financement. Une économie en expansion offre en effet une capacité plus importante d’absorption de la dette, même si un déficit élevé peut augmenter les besoins de financement.
Des perspectives de redressement en 2027
Les projections de la BCEAO indiquent une amélioration des indicateurs en 2027, portée par une croissance attendue de 6,1 % en 2026 et 6,2 % en 2027. Cette dynamique serait soutenue par les secteurs extractif, manufacturier et commercial, ainsi que par de bonnes perspectives agricoles.
Cependant, plusieurs risques persistent, notamment la conjoncture internationale, les tensions sécuritaires dans certains États membres et les effets du changement climatique, susceptibles d’affecter les finances publiques.
Par conséquent, la BCEAO insiste sur la nécessité de préserver un équilibre entre soutien à la croissance et maîtrise des finances publiques afin de garantir la stabilité budgétaire de l’Union à moyen terme.
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Bour-Han O. Amoussa
