À quelques semaines du pic annoncé du phénomène El Niño, les agences des Nations unies tirent la sonnette d’alarme. Les ressources financières mobilisées restent largement insuffisantes pour protéger les populations les plus vulnérables, alors que les risques humanitaires s’intensifient.

En juin dernier, le Programme alimentaire mondial et la FAO ont lancé un appel de 202 millions de dollars pour venir en aide à près de neuf millions de personnes exposées à une insécurité alimentaire aiguë dans 22 pays. À ce jour, seule une fraction de ce montant a été réunie, laissant un déficit estimé à 160 millions de dollars.

Cette situation limite considérablement les capacités d’intervention préventive, pourtant jugée essentielle pour atténuer les effets du phénomène climatique.

Un choc climatique aux conséquences multiples

Selon Rein Paulsen, responsable des urgences à la FAO, l’épisode El Niño en cours pourrait être particulièrement intense. Ses effets varieront selon les régions : sécheresses prolongées dans certaines zones, précipitations excessives et inondations dans d’autres.

Au-delà de ces aléas, El Niño agit comme un facteur aggravant dans des contextes déjà fragiles. Conflits, déplacements de populations et malnutrition constituent autant de vulnérabilités qui amplifient les risques pour la sécurité alimentaire.

L’Afrique en première ligne

Parmi les pays les plus exposés, plus de la moitié se situent en Afrique. Selon les prévisions de l’ONU, relayées par Africanews, le continent pourrait subir de plein fouet les conséquences de ce phénomène, notamment dans des zones déjà fragilisées par des crises humanitaires récurrentes.

La Somalie illustre cette situation critique. Des millions de personnes y font déjà face à une insécurité alimentaire sévère, tandis que la malnutrition infantile menace de s’aggraver. Les déplacements de population, en partie liés à la sécheresse, accentuent encore la pression sur les ressources disponibles.

L’urgence d’agir en amont

Les agences onusiennes plaident pour des interventions anticipées, rendues possibles grâce aux systèmes d’alerte précoce. Mais sans financements supplémentaires, ces actions restent limitées.

Alors que le pic d’El Niño est attendu entre octobre et décembre, les experts onusiens redoutent une aggravation rapide des crises alimentaires et humanitaires à travers plusieurs régions du monde.

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Bour-Han O. Amoussa

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