La magistrature gabonaise traverse une zone de fortes turbulences. Le procureur général Eddy Narcisse Minang a été révoqué, tandis que le procureur de la République Bruno Obiang Mve a été suspendu pour une durée de douze mois. Ces décisions ont été prises le 25 août à l’issue d’un conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature.

La destitution d’Eddy Narcisse Minang marque un événement rare dans l’histoire judiciaire du pays. Magistrat hors hiérarchie, il s’était illustré lors du procès très médiatisé visant des proches de l’ancien président Ali Bongo.

Cependant, d’après RFI, sa position s’était fragilisée ces derniers mois. Suspendu une première fois par le ministre de la Justice, Eddy Narcisse Minang faisait face à des accusations de malversations financières et d’ingérence dans des procédures judiciaires. Selon une source proche du dossier, cité par Radio France Internationale, l’intéressé dispose désormais d’un délai de quinze jours pour contester la décision devant le Conseil d’État.

Bruno Obiang Mve lourdement sanctionné

Dans le même dossier, le procureur de la République en fonction, Bruno Obiang Mve, a écopé d’une suspension d’un an assortie de conséquences sur sa rémunération. Cette sanction témoigne de la volonté des autorités judiciaires de sévir face aux manquements constatés.

Huit autres magistrats étaient également appelés à comparaître devant l’instance disciplinaire. Ils ont fait l’objet de mesures jugées moins sévères.

Une décision inédite dans la magistrature gabonaise

Ces sanctions simultanées, touchant des figures majeures du parquet, constituent une première au Gabon. Elles traduisent une recomposition en cours au sein de l’appareil judiciaire, dans un contexte marqué par des tensions autour de l’indépendance et du fonctionnement de la justice.

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Bour-Han O. Amoussa

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