Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les prix du carburant continuent d’afficher de fortes disparités, en dépit d’un cadre monétaire partagé. Les écarts peuvent aller du simple au double selon les pays, révélant des marges de manœuvre très inégales face à la flambée des cours pétroliers.

Au Sénégal, le litre d’essence super s’établit à 990 francs CFA depuis la mi-août, contre seulement 499 francs au Niger. Entre ces deux extrêmes, plusieurs pays ont procédé à des ajustements successifs ces derniers mois, selon des informations rapportées par Agence Ecofin.

La Côte d’Ivoire a relevé ses tarifs à 905 francs CFA le litre, tandis que le Burkina Faso et le Sénégal ont également augmenté les prix du gasoil en août. Au Bénin et au Togo, les hausses remontent à mai, avec des tarifs alignés autour de 725 francs pour le super et 750 francs pour le gasoil. Le Mali se distingue par le prix le plus élevé pour le gasoil, atteignant 940 francs CFA le litre.

La pression des marchés internationaux

Ces ajustements s’inscrivent dans un contexte de forte hausse des cours du pétrole. Le baril de Brent, qui évoluait autour de 64 dollars en début d’année, avoisine désormais les 93 dollars, sous l’effet des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.

Dans la plupart des pays de l’UEMOA, les prix à la pompe restent administrés. Les États compensent ainsi une partie des coûts pour limiter l’impact sur les consommateurs. Mais cette stratégie pèse lourdement sur les finances publiques.

Entre subventions et contraintes budgétaires

Le Sénégal illustre cette pression, avec plus de 245 milliards de francs CFA mobilisés depuis janvier pour soutenir le secteur, rapporte le média. À mesure que les marges budgétaires se réduisent, les gouvernements doivent choisir entre maintenir les subventions ou répercuter la hausse sur les usagers.

Le Niger, grâce à sa raffinerie de Zinder, conserve des prix plus bas, combinant avantage structurel et choix politique. À l’inverse, des pays comme le Ghana ou le Nigeria, hors UEMOA, ont opté pour des marchés libéralisés, où les prix suivent plus directement les fluctuations internationales.

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Bour-Han O. Amoussa

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